Forum fiscal africain

             Les finances publiques face à de nouveaux défis en Afrique subsaharienne Madagascar a pris part au 13th African Fiscal Forum, une série de panels organisée par le Fonds monétaire international autour des défis émergents et des opportunités en matière de finances publiques en Afrique subsaharienne. Le pays y a été représenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison. Les échanges ont d’abord permis de dresser un état des lieux de la conjoncture macro-budgétaire mondiale et régionale. Les participants ont souligné que les économies d’Afrique subsaharienne restent confrontées à une demande mondiale atone, à la volatilité des prix de certaines matières premières, à une forte incertitude économique ainsi qu’au resserrement des financements concessionnels. À cela s’ajoutent des coûts d’emprunt extérieur encore élevés et des surprises liées à l’endettement, notamment à travers l’apparition de passifs jusque-là non identifiés.

           Dans ce contexte, les discussions ont mis en avant la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes intérieures. Si des progrès ont été réalisés au cours des dernières décennies, beaucoup reste à faire. Selon les analyses du FMI, une hausse de neuf points du ratio recettes fiscales sur PIB serait envisageable grâce à une combinaison de réformes du système fiscal et de renforcement des capacités institutionnelles. Mais cet objectif se heurte à des résistances politiques et sociales. Les oppositions aux réformes fiscales traduisent souvent un sentiment d’injustice dans la répartition de l’effort fiscal, ainsi qu’un déficit de confiance envers l’État, dans un contexte marqué par les insuffisances des services publics. Les intervenants ont ainsi insisté sur l’importance d’une communication plus stratégique, de davantage de transparence et de réformes de gouvernance. Un autre axe majeur a concerné la qualité de la dépense publique. Pour les pays à faible revenu, une allocation plus efficace des ressources vers la santé, l’éducation et les infrastructures apparaît essentielle afin de soutenir une croissance inclusive, réduire la pauvreté et renforcer la résilience face aux chocs.